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Henri Aubry

© Mémorial Leclerc / Musée Jean Moulin Ville de Paris

Henri Aubry

Membre du mouvement COMBAT

Henri Aubry est né le 3 mars 1914, à Longwy (Meurthe-et-Moselle).
Lieutenant d’infanterie coloniale en 1940, il est démobilisé en octobre et tente, en vain, de passer en Angleterre. Il rejoint sa famille installée à Morlaix dans le Finistère et s’engage dans un réseau de résistance à Rennes.
L’été 1941, il franchit la ligne de démarcation, traversant la zone Sud pour Marseille où il entre dans le mouvement Combat. Sous la direction de Maurice Chevance-Bertin, il anime les formations paramilitaires du mouvement. Devenu inspecteur de l’Armée Secrète fin 1942, il est promu « chef de cabinet » du général Delestraint « Vidal », à Lyon, au printemps 1943.

Fin mai 1943, « Vidal » souhaite organiser, à Paris, une rencontre avec les chefs militaires des mouvements de la zone Nord (O.C.M., Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance, Libération Nord,...), pour préparer la fusion totale des groupes paramilitaires en une Armée Secrète nationale et débattre des problèmes d’encadrement, d’armement, de sabotage, en vue du futur débarquement des Alliés.
À cet effet, le général Delestraint demande, le 27 mai, à Aubry « Thomas », de convoquer René Hardy « Didot », chef du NAP-Fer (Noyautage des administrations publiques-SNCF) en zone sud, à une réunion, à Paris, le 9 juin, avec rendez-vous à 9 h, à la sortie du métro, station La Muette.

Henri Aubry dicte à sa secrétaire, Madame Raisin, une convocation en clair — non codé — destiné à « Didot », qu’elle va déposer dans la boîte aux lettres de l’appartement de Madame Dumoulin, 14 rue Bouteille, à Lyon : boîte réservée au NAP-Fer, donc à René Hardy et ses adjoints.
Or, le « Verbindungsmann » (« V. Mann ») Jean Multon « Lunel » : ancien résistant de Combat -retourné — arrivé de Marseille à Lyon, au service de Barbie, connaît les boîtes aux lettres, dont celle de Madame Dumoulin. Celle-ci est arrêtée le 25 mai, et son appartement surveillé, devient une souricière.

Au retour de Madame Raisin, le soir du 27 mai, Aubry lui dit : « Vous avez eu de la chance d’être revenue, la Gestapo est dans la maison ! » (l’arrestation de Marie Raynouard « Claire », le 26, au 14 rue Bouteille, a donné l’alarme, les agents de liaison de Combat diffusent l’information).
Le message en clair de la réunion du 9 juin, à Paris, tombe entre les mains de Multon et de Moog (K30, agent de l’Abwehr).

Kramer, chef de l’Abwehr, à l’hôtel Lutétia, à Paris, informé, organise le guet-apens de La Muette.

Henri Aubry, par deux fois, les 2 et 4 juin 1943, rencontre le général Delestraint « Vidal », et « néglige » de le prévenir que le rendez-vous du 9 juin est connu des Allemands, par la boîte aux
lettres « brûlée » de Résistance-Fer.

Delestraint, chef de l’ Armée Secrète est arrêté à Paris le 9 juin 1943, ainsi que son aide de camp Jean-Louis Théobald, et Gastaldo, le chef d’état-major de l’A.S.
Aubry n’apprend cette nouvelle que le 19 juin, au retour d’un séjour à Marseille, lors d’une réunion chez M. Lonjaret.

André Lassagne est chargé par « Max » Jean Moulin, d’organiser une rencontre de l’état-major de l’Armée Secrète, afin de prendre des mesures transitoires, palliant l’arrestation du général Delestraint.
Il informe Aubrac et Aubry de la date, de l’heure, du rendez-vous au « funiculaire Croix-Paquet ».

Le 20 juin 1943, en fin de matinée, Henri Aubry retrouve René Hardy sur un banc de la place du pont Morand, assis à côté d’un homme lisant un journal largement déployé. Ils
partent déjeuner.
A la demande de Bénouville, adjoint de Frenay, Aubry le convie à une réunion demandée par « Max », le lendemain, et lui donne rendez-vous, au funiculaire Croix-Paquet, pour l’emmener avec lui.

Le matin du 21 juin, Aubry a rendez-vous à 10 heures, rue Paul Bert, avec Jean Moulin « Max » à propos d’une affaire d’armes parachutées.
Aubry reste muet sur la présence de Hardy à cette réunion de l’après-midi.

À 14 heures, Aubry, accompagné de Hardy, suit André Lassagne venu les chercher, et se rend place Castellane par le tramway 33.
Vers 14h40, Aubry « Thomas » est arrêté à Caluire, par la Gestapo dirigée par Klaus Barbie qui lui dit : « Mais tu as l’air moins gai qu’hier, tu te rappelles pas, je lisais mon journal sur le banc de la Place du pont Morand ». Puis il est interné à la prison Montluc.

Les violents interrogatoires se succèdent. Durement malmené, tabassé, conduit devant un peloton pour un simulacre d’exécution, Aubry finit par désigner « Max », le 23 juin, en mijournée,
et se dit prêt à parler pour ne plus être brutalisé1.

Conduit à sur la prison de Fresnes, il est à nouveau longuement et souvent interrogé, avenue Foch, par Misselwitz, adjoint de Bõmelburg, chef de la Gestapo de Paris.

Il est libéré le 20 novembre 1943.

Il décède le 10 novembre 1970.

*« Verbindungsmann – V.Mann » : agent au service des Allemands.
1D’après le témoignage du docteur Dugoujon.

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