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Colonel Albert Lacaze

© Mémorial Leclerc / Musée Jean Moulin Ville de Paris

Colonel Albert Lacaze

Militaire intégré dans l'A.S.

Albert Lacaze est né le 21 mai 1884, près de Figeac, dans le Lot.
Après des études secondaires à Agen, il est entré à l’école de Saint-Cyr, en 1903, et devient lieutenant le 1er octobre 1907.

  • PREMIERE GUERRE MONDIALE

Capitaine en 1914, il est grièvement blessé lors d’une mission de sacrifice, en 1918. Il est fait prisonnier et rentre en 1919. Il est affecté au 18e régiment d’infanterie, à Tarbes.
Commandant, le 25 septembre 1927, il sera nommé lieutenant-colonel le 20 septembre 1933, au 99e RIA de Lyon (Régiment d’Infanterie Alpine), où sa famille s’installe.
Nommé colonel le 22 décembre 1938, le régiment est déplacé, au printemps 1939, en Maurienne, secteur d’opération face à l’Italie, et le 2 septembre 1939, avec les réservistes, il compte environ 3 000 hommes.

  • DEUXIEME GUERRE MONDIALE

Le 99e RIA combat en Alsace, puis en Champagne, en juin 1940.
Le colonel Lacaze est fait prisonnier le 16 juin, dirigé sur le camp de Mailly, puis interné en Allemagne, à Osterode — Oflag XIA, puis envoyé en Pologne, à l’Oflag XXIB.

  • Période de captivité du 16 juin 1940 au 23 octobre 1942
    Il est libéré comme rapatrié sanitaire, et rentre à Lyon.
  • La Résistance
    Albert Lacaze approuve son fils Yves engagé dans la Résistance, veut lui aussi reprendre la lutte. Fin 1942, il prend des contacts, notamment avec Marcel Rivière1 résistant, rédacteur au journal « le Progrès ». Il entre alors dans l’Armée Secrète et, en avril 1943, au domicile du colonel Gastaldo, cours Tolstoï à Villeurbanne, il rencontre le général Delestraint « Vidal », chef de l’A.S.
    « Vidal » lui confie la direction du service de renseignement, action psychologique et propagande de l'A.S. ( traditionnellement le IVe bureau) car il est très connu des officiers de réserve, et d’André Lassagne, qui a été son élève, dans ce cadre militaire.
  • CALUIRE : 21 JUIN 1943 ET LA PRISON DE FRESNES

Le 20 juin, Bruno Larat prévient le colonel Lacaze du rendez-vous de l’état-major, le lendemain 21 juin, à 14 h, chez le docteur Dugoujon, place Castellane, à Caluire.
Le matin du 21, Lacaze envoie sa fille Odile reconnaître les lieux, et porter une lettre au docteur Dugoujon.
À 14 h, Albert Lacaze sonne. Marguerite, la bonne du docteur, le dirige au premier étage, dans la salle à manger.
Vers 14h40, le colonel est arrêté, fouillé, menotté, bousculé sans être maltraité, contrairement à ses compagnons Henri Aubry, André Lassagne et Bruno Larat qui ont été battus et durement maltraités, sous ses yeux, par Klaus Barbie et ses sbires.
Puis, il est dirigé, avenue Berthelot, au siège de la Gestapo.

Le 25 juin, Lacaze est transféré à la prison de Fresnes où il retrouve Gastaldo et le général Delestraint. Il subit déplacements, interrogatoires et jugement, sous l’autorité du juge Roskothen (conseiller à la cour d’appel d’Essen), au tribunal militaire allemand du Grand Paris.

Soutenu par André Lassagne, qui minimise son rôle, le colonel Lacaze bénéficie d’un non-lieu et il est libéré le 17 janvier 1944, avec le docteur Dugoujon.

  • 1944-1945 : REFUGE DANS LE GARD ET MAQUIS EN ARDECHE

Grillé, Albert Lacaze se réfugie dans un hameau au nord d’Uzès, chez des amis fermiers à qui il donne un coup de main, tout en se consacrant à la pêche et à son violon d'ingres, la peinture.

Puis, lors du débarquement en Provence, le 15 août 1944, il se dirige à vélo vers un maquis, en Ardèche (près de Privas), avec lequel il avait pris contact.

Reprenant du service, il est affecté à l’état-major de la région militaire, comme colonel, le 3 octobre 1944, puis, prend le commandement de la subdivision de l’Ardèche, à Privas, le 19 janvier 1945.
Il faut aider la population, prévoir les secours, loger les gens, trouver du ravitaillement, (les Allemands sont partis dès fin août 44), assurer l’intégration des FFI dans l’armée ou leur démobilisation.

Le colonel Lacaze est démobilisé le 1er septembre 1945 et se retire dans sa maison familiale de Lyon. Il décède en 1955.

1Marcel Rivière : résistant de Combat où il dirige les groupes-chocs (attentats-explosifs),puis en juin 1943, il est responsable des groupes-francs des MUR pour toute la région (R1). Epié, il est capturé le 16 juillet 1943 et déporté à Dachau jusqu’à la Libération du camp.

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